La loi 83-629 du 12 juillet 1983 fut la première réglementant la sécurité privée. Ce fut également le commencement d’une nouvelle ère plus professionnelle pour un univers qui en a grandement besoin. C’est un marché particulier : le taux de rentabilité est (très) faible, environ 1%, alors que parallèlement, plus ou moins 6000 entreprises existent. De plus le chiffre d’affaires global de la profession est fortement concentré autour des 50 plus grosses sociétés (la loi de Pareto est effective dans le domaine). Pour exister, les plus petites structures utilisent donc parfois, des méthodes peu scrupuleuses : arnaques fiscales, d’abus sociaux ou encore de sous-traitance en cascade. Même s’il est difficile de mesurer le nombre de sociétés frauduleuses, certains experts l’estiment à environ 1/5 des entreprises de gardiennage. Une minorité préjudiciable pour l’image de la sécurité privée et les acteurs sérieux qui composent le secteur. Néanmoins malgré ces agissements malveillants, l’univers de la sécurité privée se professionnalise progressivement et silencieusement. En quelques années, des évolutions majeures sont apparues : CNAPS, SSIAP, CQP, métiers repères, carte professionnelle. La mutation n’est pas encore terminée, le visage de la sécurité changera encore dans les années à venir. Marginales encore il y a peu, les certifications trouvent de plus en plus échos auprès des dirigeants des sociétés de sécurité. De quoi rétablir un climat de confiance envers les acheteurs ? 

 

Qu’est-ce qu’une certification ?

La certification est une assurance du bon fonctionnement d’une entreprise, gage de qualité. Elle garantit un niveau de compétence reconnu internationalement ou nationalement. Son véritable intérêt ne réside pas dans l’obtention d’un certificat : il s’agit d’assimiler parfaitement les pratiques énoncées dans le référentiel/la norme à l’entreprise. A l’échelle du gardiennage, il est question d’intégrer un management QSE (Qualité, Sécurité, Environnement) aux habitudes de travail quotidiennes, afin de donner le meilleur service possible au client. La certification est un projet d’entreprise, visant l’amélioration de cette dernière. Démarche volontaire des sociétés voulant montrer leurs bonnes pratiques, elle repose sur un critère fondamental : sa crédibilité. Un certificateur fait partie  d’un organisme indépendant et impartial, chargé d’auditer toute entité souhaitant adhérer à une certification sur la base d’un référentiel où d’une norme, ou plusieurs exigences sont énoncées. Pour accéder au Graal, il faut répondre à chacune d’elles. L’organisme décide alors de certifier l’entreprise en question ou pas. Seulement, une certification n’est pas définitive : elle s’entretient. Elle est valable en moyenne pour une durée de 3 ans. Un suivi régulier est alors mis place pour vérifier que le nouvel adhérent respecte bien ces engagements. Cela se caractérise par un audit de suivi chaque année. Cet accompagnement distingue la certification du label. Ce dernier est délivré après une évaluation d’un ensemble de spécificités décrites dans un cahier des charges. L’exigence est donc moindre par rapport à une certification.

Il existe quatre catégories de certification : de produit, service, système et de compétence. Dans le domaine de la surveillance humaine, cinq sont régulièrement utilisées (voir tableau ci-dessous)

 

certification gardiennage sécurité

Les certifications QSE à l’épreuve du gardiennage

La qualité est une tendance de plus en plus marquée sur le marché de la sécurité privée. D’après une étude interne*, environ 50% des 100 plus grosses entreprises de gardiennage ont au moins une certification.  Autre signe d’un engouement grandissant des dirigeants à leur égard, le nombre de sociétés qui ont suivi une  formation « Qualisécurité » du SNES** ces dernières années : 179 (95 ont assisté aux deux jours, 84 à un seul). Les opérateurs ont pris conscience de l’importance de la normalisation des pratiques, surtout en période de crise. Dans un univers atomisé par la concurrence et les prix, l’obtention d’une certification permet également d’actionner des leviers de rentabilité grâce à  une meilleure organisation et des gains de productivité.  De plus, une société de sécurité certifiée apporte des garanties sur le respect des législations et de la réglementation. De quoi rassurer les acheteurs et décideurs au vu des agissements de certains acteurs du marché. Posséder une certification permet de limiter l’estimation du TCO (Total Cost Ownership) et des risques économiques, juridiques et sociétaux encourus dans le choix d’un futur partenaire, mais également de garantir un suivi client privilégié.

L’obtention d’une certification est un véritable avantage concurrentiel et moyen de différenciation. Néanmoins, cela engage du temps et de l’organisation. Dans un corps de métier régi par la réactivité de ses acteurs, certifier son entreprise peut être perçu comme une tâche secondaire. Beaucoup ont compris l’enjeu que cela représente, mais doivent faire face à l’urgence de la situation. Cette vérité concerne surtout les TPE et PME, où il n’est pas rare de trouver des gérants avec plusieurs casquettes.

Les certifications dans le monde de la sécurité privée sont en pleine croissance. C’est une étape supplémentaire dans la voie de la professionnalisation du secteur. Elle permet de rassurer les différents acteurs, de l’agent à l’acheteur, sur les pratiques de l’entreprise. Petit à petit, la norme sera de travailler avec des sociétés de gardiennage certifiées, qui peut être vu comme un moyen d’assainir la profession des mauvais élèves.

 

 

*étude fondée sur les sites internet des 100 plus grosses sociétés, sélectionnées d’après le classement paru sur Verif.com

** Syndicat National des Entreprises de Sécurité